FRANCE - Marine Le Pen, l'Inéligibilité en ligne de mire : Dix ans sous le feu de la justice.

FRANCE - Marine Le Pen, l'Inéligibilité en ligne de mire : Dix ans sous le feu de la justice.

FRANCE - Marine Le Pen, l'Inéligibilité en ligne de mire : Dix ans sous le feu de la justice.

Par Patrick VINCENT - Pour OCCITANIE TRIBUNE et EUROTRIBUNE, le 30 Mars 2025

 Marine Le Pen, l’Inéligibilité en ligne de mire : Dix ans sous le feu de la justice »

 Les origines d’un sScandale en trompe-l’Œil (2014-2016)

L’affaire éclate dans l’ombre des couloirs du Parlement européen. En 2014, une lettre anonyme alerte l’Olaf sur des soupçons d’« emplois fictifs » au Front national. Les enquêteurs européens découvrent un système subtil : des collaborateurs d’eurodéputés RN, officiellement payés par Bruxelles, travailleraient en réalité pour le parti. Parmi eux, Catherine Griset, bras droit de Marine Le Pen, et Thierry Légier, son garde du corps. La machine judiciaire française s’empare du dossier en 2015, ouvrant une enquête pour « abus de confiance ».

En décembre 2016, le parquet de Paris dévoile une réalité plus sombre : une organisation « concertée et délibérée » pour détourner près de 21 000 € mensuels par eurodéputé. Les juges pointent Marine Le Pen comme « l’une des principales architectes » d’un montage visant à sauver les finances du FN, alors en crise. Un message de Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti, résume la stratégie : « Nous ne nous en sortirons que grâce au Parlement européen ».

La chute programmée d’une présidente (2017-2023)

Juin 2017 marque un tournant : Marine Le Pen est mise en examen pour « abus de confiance », puis pour « détournement de fonds publics » en 2018. Le Parlement européen exige le remboursement de 300 000 €, une somme qu’elle paiera en 2023 après un long combat judiciaire. Autour d’elle, les figures historiques du parti tombent une à une : Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, Louis Aliot…

Pendant ce temps, le RN tente de se réinventer. En 2018, le Front national devient Rassemblement national, mais l’étiquette de « parti fraudeur » colle à sa peau. Jordan Bardella, jeune président montant, échappe aux poursuites, mais des révélations sur de « faux documents » durant son mandat d’assistant parlementaire en 2015 jettent une ombre sur sa légitimité.

Le procès qui déchira la République (Septembre-Novembre 2024)

À l’automne 2024, le tribunal correctionnel de Paris devient le théâtre d’un duel judiciaire sans précédent. Marine Le Pen, entourée de 24 prévenus, clame son innocence : « Je n’ai pas commis la moindre irrégularité ». Face à elle, le parquet dépeint une « atteinte grave aux règles démocratiques » et requiert cinq ans d’inéligibilité.

L’audience bascule le 13 novembre : les procureurs demandent sa « mort politique », selon ses propres mots. Sur les plateaux télévisés, la classe politique se déchire. Gérald Darmanin dénonce une « injustice », tandis que François Bayrou évoque un « précédent dangereux ». Dans l’ombre, Jordan Bardella manœuvre, lançant une pétition et laissant planer le doute sur sa propre ambition : « Faire émerger un successeur est le devoir d’un chef », glisse-t-il dans son autobiographie.

31 Mars 2025, Le Jour où tout peut basculer

Ce lundi 31 mars, la France retient son souffle. Le jugement pourrait sceller le destin de Marine Le Pen et, par ricochet, celui de la droite radicale. Une peine d’inéligibilité avec exécution immédiate la priverait de la présidentielle de 2027, rêve qu’elle caresse depuis trois défaites.

Malgré les promesses d’appel du RN, l’issue reste incertaine. « C’est une bataille judiciaire, mais aussi médiatique », analyse un politologue. Dans les rangs du parti, l’inquiétude se mêle à la colère : « On veut nous couper la tête », résume un cadre.

Une ombre sur la République

Que la justice condamne ou relaxe, cette affaire aura durablement marqué le paysage politique. Elle interroge sur les limites de l’impunité des élus et sur les failles des institutions européennes. Pour Marine Le Pen, c’est peut-être la fin d’une époque. Pour le RN, un test de résistance. Et pour la France, un rappel : en démocratie, aucun parti n’est au-dessus des lois.

Voici une synthèse des principales affaires la concernant :

1. Affaire des assistants parlementaires présumés fictifs au Parlement européen

 Marine Le Pen et d'autres élus du FN (ex-RN) sont accusés d'avoir employé des assistants parlementaires européens pour des tâches partisanes en France entre 2004 et 2017.

État des procédures :

2023 : Le Parlement européen a réclamé le remboursement de près de 320 000 € à Marine Le Pen, jugés indûment perçus.

2024 : L’affaire est toujours en cours devant la justice française pour détournement de fonds publics et complicité.

Risque : Si condamnée, elle pourrait encourir des peines allant jusqu’à 10 ans d’inéligibilité et des amendes.

2. Affaire des prêts russes

 En 2014, le FN a emprunté 9,4 millions d’euros à une banque tchèque (liée à la Russie) pour financer des campagnes électorales.

Accusations : Soupçons de financement étranger illégal et blanchiment.

État des procédures :

Une enquête préliminaire a été ouverte en 2022 pour ingérence étrangère.

Marine Le Pen nie toute illégalité, arguant que les prêts ont été remboursés.

Risque : Si une condamnation intervient, cela pourrait entraîner des peines d’inéligibilité et des sanctions financières.

3. Diffusion d’images violentes (affaire Daesh)

Contexte : En 2015, Marine Le Pen a tweeté des images de violences commises par l’État islamique, sans floutage.

Condamnation :

2023 : La justice l’a condamnée en appel à 3 mois de prison avec sursis pour diffusion d’images violentes.

Impact : Bien que la peine soit symbolique, cela ajoute à son casier judiciaire.

4. Affaire des dons du RN (Pôle financier)

Contexte : Enquête sur des dons suspects au RN, notamment des chèques anonymes.

État : Marine Le Pen a été mise en examen en 2023 pour recel de fraude électorale.

Risque : Possible exclusion des futures élections si condamnation.

Synthèse des risques

Pénal : Amendes, peines de prison avec sursis (déjà effectives dans certaines affaires).

Politique : Le principal danger est l’inéligibilité (via une condamnation pour détournement de fonds ou financement illégal), qui pourrait menacer sa carrière politique.

Image publique : Ces affaires alimentent la critique de ses adversaires, mais son électorat loyal y voit souvent une « persécution judiciaire ».

Les procédures sont encore en cours, et aucune condamnation lourde n’a été prononcée à ce jour. Cependant, une issue défavorable dans l’affaire des assistants parlementaires serait la plus risquée pour elle.

État des informations : Une actualisation recommandée en fonction des développements judiciaires. 

 

 

 

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